Addictions en entreprise : quelles sont les obligations réelles de l’employeur ?

Date de parution

02/10/2025

Blog Detecter Une Addiction Chez Un Salarie Signaux Et Posture Des Rh

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Face à la consommation de substances psychoactives, l’employeur n’est pas un simple observateur de la vie privée de ses salariés. Il est investi d’une mission de garant. L’obligation employeur s’inscrit dans le cadre plus large de l’obligation générale de sécurité de résultat (ou de moyens renforcée). En cas d’accident du travail lié à une pratique addictive, la responsabilité civile, et parfois pénale, de l’entreprise peut être lourdement engagée.

Mais jusqu’où s’étend cette responsabilité ? Comment concilier le respect de la vie privée des collaborateurs et l’impératif de sécurité collective ? Cet article décrypte les obligations légales et les leviers juridiques à votre disposition pour sécuriser votre organisation.

L’obligation de sécurité : le socle juridique

L’article L4121-1 du Code du travail constitue la pierre angulaire de votre responsabilité. Il stipule que l’employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Une responsabilité proactive

L’obligation employeur vis-à-vis des addictions impose de ne pas attendre l’accident pour agir. Vous devez :

  • Identifier les postes dits « à risque » (conduite, machines, travail en hauteur).

  • Mettre en œuvre des actions de prévention et d’information.

  • Adapter l’organisation du travail pour limiter les facteurs de stress favorisant les consommations.

La jurisprudence « faute inexcusable »

Si un accident survient alors que l’employeur avait conscience (ou aurait dû avoir conscience) du danger et qu’il n’a pas pris les mesures de préservation nécessaires, sa faute inexcusable peut être reconnue. Cela entraîne des conséquences financières majeures pour l’entreprise.

Le règlement intérieur : votre bouclier légal

Pour que votre obligation employeur soit respectée, elle doit être traduite par des règles claires et opposables.

Encadrer l’interdiction de l’alcool

Si le Code du travail autorise par défaut le vin, la bière, le cidre et le poiré (Article R4228-20), l’employeur peut tout à fait instaurer une « tolérance zéro » dans son règlement intérieur. Cette interdiction doit toutefois être justifiée par la nature des tâches à accomplir et proportionnée au but recherché.

Légaliser le dépistage

L’employeur peut organiser des tests d’alcoolémie ou des dépistages de drogues, mais sous des conditions strictes :

  1. Le test doit être prévu dans le règlement intérieur.

  2. Il doit concerner des postes où l’état d’ébriété présente un danger vital.

  3. Le salarié doit avoir la possibilité de contester le résultat (contre-expertise).

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Quelques informations utiles pour vous recontacter :

L’obligation d’information et de formation

L’obligation employeur dans le cadre d’addictions des collaborateurs ne se limite pas à la sanction. La loi insiste sur le volet pédagogique.

Former pour prévenir

Il est de votre devoir d’informer les salariés sur les risques encourus. Une sensibilisation aux addictions en entreprise efficace permet de prouver que vous avez rempli votre mission d’information. En cas de contrôle de l’Inspection du Travail, la preuve que vos salariés ont suivi un module de formation sur le sujet est un argument de poids.

Le rôle de la médecine du travail

L’employeur doit faciliter l’accès au Service de Prévention et de Santé au Travail (SPST). La médecine du travail est la seule entité apte à juger de l’aptitude d’un salarié. Travailler de concert avec elle est une obligation pour tout dossier lié aux addictions.

La gestion de l’urgence : l’obligation d’intervenir

Que faire si un salarié arrive manifestement sous l’emprise d’une substance ? Votre obligation employeur vous impose d’agir immédiatement.

  • Retrait du poste : vous devez soustraire le salarié au danger.

  • Mise en sécurité : il est interdit de laisser le salarié repartir seul avec son véhicule. Vous devez organiser son transport (famille, secours, taxi).

  • L’alerte : si l’état du salarié est alarmant, vous devez contacter les secours (Samu ou Pompiers), car le risque de « non-assistance à personne en danger » peut être retenu contre vous.

Pour apprendre à gérer ces situations de crise, nous vous conseillons de consulter notre guide sur comment détecter une addiction chez un salarié et adopter la bonne posture.

L’obligation de l’employeur concernant des situations d’addiction est exigeante mais nécessaire. Elle impose une vigilance constante et une documentation rigoureuse de vos actions. Un employeur qui informe, qui forme et qui encadre via un règlement intérieur solide réduit drastiquement son exposition juridique tout en protégeant son capital humain.

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