Luc Julia, IA générative et formation : décryptage d’une révolution entre mythe et réalité
Date de parution
21/01/2026
L’effervescence autour de l’intelligence artificielle semble avoir atteint un point de non-retour dans le monde professionnel. Pourtant, derrière les promesses d’une productivité infinie, de nombreux décideurs RH et L&D s’interrogent : que peut-on réellement attendre de ces outils ? Pour y répondre, nous avons reçu Luc Julia, co-créateur de Siri et sommité mondiale de la tech, dans notre podcast Never Stop Learning.
Dans ce dossier complet, nous explorons le lien entre Luc Julia, IA générative et formation pour comprendre comment passer de la fascination « Hollywoodienne » à un usage pragmatique et souverain. L’enjeu n’est pas de remplacer l’humain, mais de définir les contours d’une collaboration augmentée où la pédagogie reste maîtresse du jeu. Découvrez comment naviguer entre les LLM, les nouveaux modèles compacts (SLM) et l’IA agentique pour transformer durablement vos dispositifs d’apprentissage.
Pourquoi Luc Julia préfère parler d’intelligence augmentée plutôt que d’IA
Pour bien comprendre l’approche de Luc Julia, l’IA générative et la formation, il faut d’abord opérer une rupture sémantique majeure. Dans son ouvrage iconique « L’intelligence artificielle n’existe pas », Luc Julia déconstruit le mythe d’une machine capable de conscience ou de réflexion autonome.
Le mythe de l’intelligence artificielle « Hollywoodienne »
Depuis des décennies, le cinéma et la littérature ont façonné l’image d’une IA capable de surpasser l’homme dans toutes ses dimensions (l’AGI ou Intelligence Artificielle Générale). Luc Julia est catégorique : cette forme d’IA est une fiction. Ce que nous appelons aujourd’hui IA n’est, en réalité, qu’une succession de calculs mathématiques et statistiques extrêmement sophistiqués.
La réalité mathématique : l’intelligence augmentée
Le terme intelligence augmentée est bien plus précis. Il désigne des outils capables de traiter des volumes de données colossaux pour nous aider à prendre des décisions ou à automatiser des tâches répétitives. Dans le secteur du digital learning, cela signifie que la machine n’est pas le formateur, mais un assistant surpuissant qui prolonge les capacités de l’ingénieur pédagogique.
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L’IA est une boîte à outils : elle excelle dans la reconnaissance de formes et la prédiction.
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L’humain apporte le contexte : il définit l’objectif pédagogique et la nuance émotionnelle.
Si l’IA n’est pas « intelligente » au sens humain du terme, comment parvient-elle à produire des contenus qui semblent si naturels ? C’est là qu’intervient la question de la création.
Créativité et IA générative : comprendre les limites pour mieux concevoir vos formations
L’un des points de friction les plus importants pour les responsables formation concerne la capacité des outils comme ChatGPT ou Midjourney à générer du contenu. Luc Julia rappelle une vérité fondamentale : la créativité et l’IA générative sont deux concepts qui ne se rejoignent que par le biais de la probabilité.
Pourquoi l’IA ne crée rien de nouveau
L’IA générative fonctionne sur le principe de la « re-combinaison ». Elle analyse des milliards de données existantes pour prédire quelle est la suite la plus probable d’une séquence (un mot, un pixel, une note de musique).
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Elle imite, elle n’invente pas : elle peut copier le style de Van Gogh ou la structure d’un module de formation standard, mais elle ne créera jamais de rupture conceptuelle.
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Le risque de la moyenne : en se basant sur les statistiques, l’IA produit souvent des contenus « moyens » qui manquent de relief pédagogique si l’humain n’intervient pas pour les enrichir.
Le rôle de l’expert métier face aux hallucinations
L’IA peut « halluciner », c’est-à-dire affirmer avec aplomb des faits totalement erronés. Pour un responsable L&D, c’est un risque majeur. La formation nécessite une exactitude absolue. C’est ici que l’expertise humaine est irremplaçable : elle doit agir comme un filtre critique.
« L’IA générative est un formidable moteur de brouillon, mais elle ne doit jamais être l’auteur final de votre contenu pédagogique. »
Au-delà de la création de contenu, c’est l’architecture même de ces technologies qui évolue vers des modèles plus adaptés aux besoins des entreprises.
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L’impact concret de la formation et l’IA : du LLM au Small Language Model (SLM)
Le marché de la formation et l’IA est actuellement dominé par les LLM (Large Language Models) comme GPT-4. Pourtant, selon Luc Julia, l’avenir pour les entreprises se situe ailleurs : dans la frugalité et la spécialisation.
Frugalité et sécurité : les enjeux du SLM pour les RH
Les LLM sont gourmands en énergie et posent des problèmes de confidentialité des données. Pour une entreprise, envoyer des documents internes confidentiels sur des serveurs ouverts est inenvisageable. La solution ? Les SLM (Small Language Models). Ce sont des modèles réduits, entraînés sur des bases de données spécifiques à un métier ou à une entreprise.
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Sécurité : les données restent en interne (On-premise).
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Précision : le modèle connaît le jargon et les processus propres à votre organisation.
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Coût : moins gourmands en calcul, ils sont beaucoup plus économiques à l’usage.
L’IA agentique : l’avenir de l’orchestration pédagogique
Nous entrons dans l’ère de l’IA agentique. Contrairement à un chatbot passif, un « agent » est capable d’exécuter des tâches de manière autonome pour atteindre un objectif. En formation, cela pourrait se traduire par des tuteurs virtuels capables de :
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Analyser les lacunes d’un apprenant en temps réel.
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Aller chercher la ressource la plus adaptée dans le LMS.
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Planifier une session de renforcement avec le manager si nécessaire.
Une fois la technologie comprise, comment l’intégrer concrètement dans votre stratégie L&D sans perdre le contrôle ?
Comment intégrer l’IA dans vos projets de digital learning de façon raisonnée
L’intégration de l’IA dans les parcours d’apprentissage ne doit pas être dictée par la peur de « rater le train », mais par une analyse de la valeur ajoutée réelle.
Définir des cas d’usage sécurisés et souverains
Pour un DRH ou un responsable formation, la priorité est de cartographier les besoins où l’IA apporte un gain de temps immédiat sans risque :
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Synthèse de documents longs pour créer des fiches de révision.
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Génération de quiz à partir d’un contenu existant (avec validation humaine).
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Personnalisation des parcours (Adaptive Learning) pour s’adapter au rythme de chaque salarié.
Former les équipes au « prompting » et à l’esprit critique
Le « prompt » (la consigne donnée à l’IA) est devenu une compétence à part entière. Mais pour Luc Julia, la compétence la plus cruciale reste l’esprit critique. Il est impératif de former les collaborateurs non pas seulement à utiliser l’outil, mais à remettre en question ses résultats.
L’IA au service de la formation doit rester une IA de confiance. Cela passe par une compréhension claire des biais statistiques et une vérification systématique de la source. Pour une aide à la mise en place de vos projets, référez-vous à notre article sur l’IA au service de la formation.
Conclusion
Le message de Luc Julia est un appel au pragmatisme. La combinaison entre Luc Julia, l’IA générative et la formation nous montre que nous ne sommes pas à l’aube d’un remplacement de l’intelligence humaine, mais au début d’une ère de collaboration augmentée.
En se concentrant sur les SLM, en favorisant la frugalité numérique et en replaçant l’expert pédagogique au centre du processus de validation, les entreprises peuvent tirer le meilleur de l’IA sans en subir les dérives. L’IA générative n’est pas créative, mais elle est un puissant levier de productivité si elle est pilotée par une intention humaine claire.
Prêt à transformer vos projets de formation avec l’IA ?
FAQ : vos questions fréquentes
Qu’est-ce que l’intelligence augmentée selon Luc Julia ?
Il s’agit de l’usage de la technologie pour prolonger et amplifier les capacités humaines de traitement d’information. Contrairement à l’IA « forte » (fictionnelle), l’intelligence augmentée est un outil collaboratif qui nécessite toujours l’intervention et la validation de l’homme.
L’IA générative peut-elle vraiment créer des modules de formation ?
Elle peut générer des structures, des brouillons de textes ou des scripts vidéo, mais elle n’a pas de vision pédagogique. Elle ré-combine des données existantes. Un ingénieur pédagogique doit impérativement valider le fond pour garantir l’efficacité de l’apprentissage.
Quel est l’avantage des SLM (Small Language Models) pour une entreprise ?
Les SLM sont plus petits, plus rapides et plus sûrs. Ils peuvent être installés localement sur les serveurs de l’entreprise, garantissant que les données de formation confidentielles ne sortent jamais de l’organisation. Ils sont également plus sobres énergétiquement.
Est-ce que l’IA va remplacer les formateurs ?
Non. Selon Luc Julia, l’IA automatise des tâches, mais elle ne remplace pas les métiers. Le formateur évolue vers un rôle de tuteur, de coach et de validateur de contenus. L’aspect émotionnel et social de l’apprentissage reste l’apanage de l’humain.
Comment se former à l’IA générative quand on est RH ?
Il est conseillé de commencer par comprendre les bases technologiques (différence entre IA statistique et intelligence réelle) puis de pratiquer le prompting. Callimedia propose des modules spécifiques pour acculturer les équipes RH et formation à ces enjeux.