Prévention des addictions au travail : le guide complet pour les RH
Date de parution
18/09/2025
La gestion de la santé et de la sécurité est au cœur des préoccupations des directions des ressources humaines. Pourtant, un sujet reste souvent tabou, relégué à la sphère privée : la prévention des addictions au travail. Qu’il s’agisse d’alcool, de stupéfiants ou de médicaments psychotropes, les pratiques addictives touchent tous les secteurs et toutes les catégories socio-professionnelles. Pour un DRH, l’enjeu est double : protéger la santé des collaborateurs et garantir la sécurité collective au sein de l’organisation.
Ce guide a pour vocation de vous aider à transformer une contrainte réglementaire en une véritable stratégie de bien-être au travail. Nous explorerons comment une démarche structurée, alliant cadre juridique et sensibilisation digitale, peut réduire les risques d’accidents et améliorer la QVT (Qualité de Vie au Travail). L’objectif est de passer d’une posture de sanction à une posture de prévention durable.
Comprendre les enjeux de la prévention des addictions au travail
La première étape d’une stratégie efficace est la prise de conscience. Les addictions ne s’arrêtent pas à la porte de l’entreprise. En France, on estime que 10 à 20 % des accidents du travail sont liés à l’usage de substances psychoactives. Le coût social et financier pour l’entreprise est colossal, mais les enjeux humains le sont encore plus.
L’impact sur la performance et le climat social
Une pratique addictive non prise en charge entraîne souvent une désorganisation du service. On observe généralement :
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Un absentéisme accru : les salariés souffrant d’addictions s’absentent plus fréquemment pour des raisons de santé.
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Le présentéisme dégradé : le collaborateur est présent, mais sa vigilance et sa productivité sont fortement altérées.
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Les tensions d’équipe : la surcharge de travail reportée sur les collègues crée des conflits et une dégradation de l’ambiance de travail.
Le risque sécuritaire : une priorité absolue
Pour les postes dits « sensibles » (conduite d’engins, travail en hauteur, manipulation de produits chimiques), le risque est immédiat. La prévention des addictions au travail est ici une question de vie ou de mort. L’employeur a une obligation de sécurité de résultat : il doit tout mettre en œuvre pour éviter que de tels risques se concrétisent.
Pour comprendre l’étendue de vos responsabilités juridiques, il est crucial de consulter notre article dédié aux obligations de l’employeur dans le cadre d’addictions, qui détaille les sanctions encourues en cas de manquement.
Le cadre légal : entre protection et responsabilité
En tant que responsable RH, vous devez naviguer entre le Code du travail, le Code de la santé publique et le respect des libertés individuelles. La loi est claire : l’employeur est responsable de la santé physique et mentale de ses salariés.
L’obligation générale de sécurité
L’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs. Cela ne se limite pas aux équipements de protection individuelle (EPI) ; cela inclut la prévention des risques liés aux substances psychoactives.
Le rôle du règlement intérieur
Le règlement intérieur est votre levier d’action principal. Il doit être rédigé de manière à permettre des contrôles (comme l’éthylotest) tout en restant proportionné aux impératifs de sécurité. Un règlement flou peut rendre une sanction nulle devant les Prud’hommes. C’est pourquoi nous avons rédigé un guide spécifique sur comment adapter votre règlement intérieur pour sécuriser vos procédures.
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Quelques informations utiles pour vous recontacter :
Identifier et évaluer les risques au sein de l’organisation
Une prévention efficace commence par un diagnostic. Vous ne pouvez pas traiter ce que vous ne mesurez pas. L’évaluation des risques doit être intégrée au Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).
Les facteurs de risques liés au travail
Il est trop simple de limiter l’addiction à une faiblesse individuelle. Souvent, le travail lui-même génère des comportements addictifs :
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Le stress chronique : l’alcool ou les anxiolytiques sont utilisés comme « béquilles » pour tenir face à la pression.
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La pénibilité physique : certains médicaments sont détournés pour masquer la douleur liée aux TMS (Troubles Musculo-Squelettiques).
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L’isolement ou le télétravail : le manque de lien social peut favoriser une consommation solitaire et invisible.
Savoir repérer les signaux faibles
Le management de proximité joue un rôle de sentinelle. Cependant, il ne doit pas se transformer en détective privé. La formation des managers est essentielle pour leur apprendre à détecter une addiction chez un salarié en se basant uniquement sur des faits professionnels et comportementaux, sans porter de jugement moral.
Structurer votre plan d’action de prévention
Un plan de prévention performant repose sur trois niveaux d’intervention : la prévention primaire, secondaire et tertiaire.
La prévention primaire : agir à la source
Il s’agit de réduire les facteurs de risques organisationnels. Cela passe par une revue de la charge de travail, une meilleure gestion du stress et une culture d’entreprise qui ne valorise pas l’hyper-consommation (lors des pots ou des événements clients).
La prévention secondaire : sensibiliser et informer
C’est ici que la formation prend tout son sens. Organiser une sensibilisation aux addictions en entreprise permet de délier les langues. L’objectif est d’informer chaque collaborateur sur les dangers des produits et sur les ressources d’aide disponibles au sein de l’entreprise (médecin du travail, services sociaux).
La prévention tertiaire : accompagner le maintien dans l’emploi
Le licenciement ne doit pas être la seule issue. Un collaborateur qui reconnaît sa problématique et s’engage dans un parcours de soin doit être soutenu. La mise en place de protocoles de retour à l’emploi après un sevrage est un signe fort de bienveillance managériale.
Le e-learning : Le levier moderne de sensibilisation
Dans une organisation multisite ou comptant de nombreux collaborateurs, le présentiel montre vite ses limites. Le digital learning s’impose comme la solution la plus efficace pour traiter un sujet aussi délicat que la prévention des addictions au travail.
Pourquoi le digital learning est-il plus efficace ?
Le sujet de l’addiction est souvent empreint de honte. Le format e-learning permet :
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La confidentialité : le collaborateur peut suivre sa formation à son rythme, sans crainte du jugement de ses pairs.
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L’uniformité du message : tous les salariés reçoivent la même information, validée juridiquement et médicalement.
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L’interactivité : grâce à des mises en situation réelles, le salarié comprend mieux l’impact de sa consommation sur ses réflexes ou sa prise de décision.
Pour un déploiement rapide, l’usage d’un catalogue de modules e-learning sur étagère est la stratégie gagnante. Ces modules, conçus par des experts, sont immédiatement opérationnels et conformes aux dernières évolutions législatives.
Les acteurs clés de votre démarche
Le DRH ne peut pas agir seul. La réussite de la prévention des addictions au travail repose sur un écosystème d’acteurs :
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La médecine du travail : c’est votre partenaire privilégié. Elle est soumise au secret médical et peut accompagner le salarié vers des soins.
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Le CSE et les représentants du personnel : ils doivent être associés à la démarche pour garantir son acceptation par tous.
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Les Sauveteurs Secouristes du Travail (SST) : ils sont souvent les premiers témoins d’un malaise ou d’un incident lié à une addiction.
La prévention des addictions au travail n’est pas une option, c’est une composante essentielle de votre stratégie Santé, Sécurité et Environnement (HSE). En structurant votre démarche autour de l’information, de la formation et de la mise à jour de vos outils juridiques, vous réduisez drastiquement les risques d’accidents tout en protégeant le capital humain de votre entreprise.
Le silence est le meilleur allié de l’addiction. En parlant ouvertement de ce sujet, vous créez une culture de confiance et de responsabilité partagée.
Êtes-vous prêts à engager vos équipes dans une démarche de prévention efficace ?