Digital learning

Réussir son digital learning grâce à l’ingénierie de projet

Tarik Cherkaoui est consultant en management et auteur du livre « Réussir avec le digital learning – Les secrets pour concevoir, vendre et piloter des projets de e-Learning ». Il intervient dans le domaine de la formation et de la transformation des entreprises de différentes tailles. Tarik nous partage son savoir-faire concernant l’ingénierie de projet pour mieux comprendre les enjeux du digital learning.

Digital learning

Les enjeux du digital learning 

Le digital learning a connu un taux de croissance avoisinant les 900% entre 2000 et 2016. Il y a un an, nous vous rapportions que la part de marché mondial du e-Learning s’élevait à plus de 190 milliards de dollars. Aujourd’hui, nous constatons qu’il y a des moyens importants mis en place pour produire des dispositifs d’information. Cependant, cet investissement est moindre lorsqu’il s’agit de former et d’accompagner les équipes à l’appropriation de ces nouveaux systèmes.

Voir au-delà des résistances 

Le changement fait peur, il est tout à fait normal qu’il implique des résistances concernant l’utilisation d’un nouvel outil. Toutefois, certaines de ces résistances persistent car les collaborateurs ne maîtrisent pas suffisamment un nouveau dispositif pour être à l’aise en utilisant celui-ci. Pour pallier à cela, il est nécessaire de former les utilisateurs avec le même niveau d’exigence que celui qui a été établi pour créer le dispositif.

Un excellent moyen pour vérifier l’efficacité d’un accompagnement comme celui-ci réside dans le principe de la docimologie. Cette science, qui nécessite une ingénierie à part entière, nous permet d’évaluer les actions de formation. Réaliser un contrôle des connaissances est primordial dans un processus de formation. Voilà pourquoi prendre le temps pour évaluer les techniques théoriques et pratiques est une étape cruciale pour développer un accompagnement qualitatif.

Répondre à la satisfaction client 

Parfois, la demande peut être complexe ou laisser apparaitre certains paradoxes, comme par exemple, vouloir un parcours de formation sans avoir le temps de le déployer. La plupart du temps, ces paradoxes sont issus d’un déficit de l’expression des besoins, qui a été expérimenté et résolu grâce à l’ingénierie des exigences dans l’univers industriel.

Pour modérer ce déficit, il est possible de proposer des repères qui serviront d’étapes clés pour faire face à la pression de temps. Ensuite, il est utile de décrypter la demande pour la rendre explicite, la spécifier et la valider. Ces techniques permettront de répondre aux besoins à différents niveaux afin de produire des modules efficients avec une vélocité acceptable.

La jungle du digital learning 

Avant la guerre des idées, il y a la guerre des mots. Les Etats-Unis ont importé le e-Learning en Europe au début des années 2000 via la commission européenne « Initiative e-Learning ». Ainsi est né un foisonnement d’expressions qui imposent un rythme et des usages. Nous retrouvons alors de nombreux anglicismes dans cette jungle du digital learning :

  • Mobile learning
  • Digital learning
  • Serious game
  • MOOC
  • SPOC
  • Gamification
  • E-Learning
  • Etc…

En France, nous n’avons pas encore d’acteur incontournable qui s’impose avec une technologie de rupture comme LinkedIn et Facebook pour les réseaux sociaux ou encore Google comme moteur de recherche. Chaque acteur essaie donc de s’imposer avec ses propres usages, concepts et technologies. De nombreux concepts marketing ont pour vocation de capter l’attention des clients. Cependant, il arrive parfois que la demande soit issue du client lui-même, qui souhaite retrouver de l’innovation dans les produits qu’il reçoit.

L’effet waouh 

Cet effet de surprise qui capte l’attention de l’apprenant, ou « paillettes du digital » comme l’appelle Jean-Claude Roche dans le premier épisode de Never Stop Learning, est un principe neuroscientifique. Le but est d’améliorer l’engagement actif que va fournir l’apprenant en découvrant un nouveau concept innovant. Attention, l’effet de surprise doit être réussi au risque de produire un effet néfaste pouvant ternir l’image de marque du fournisseur.

L’importance de la communication dans le digital learning 

Au même titre que la docimologie, la communication doit être pensée avec une ingénierie à part entière dans un projet de formation. La première étape consiste à faire prendre conscience au collaborateur qu’un projet est en train de se mettre en place. Pour cela, certaines stratégies pouvant également créer de l’engagement peuvent être mises en œuvre :

  • Des activités ludo-pédagogiques.
  • Des challenges.
  • Des énigmes.
  • Des vidéos virales adaptées au monde de l’entreprise.
  • Des activités de cohésion et de gamification.

L’objectif est d’attirer l’attention des collaborateurs et de les sensibiliser au projet qui est en train de se construire progressivement. La communication permet ainsi de poser une base solide, propice à la création d’une cohérence d’ensemble pour faire réussir l’efficacité du projet.

Digital learning

L’ingénierie de projet 

Dans 83% des cas, les projets échouent quel que soit leurs types, car les exigences sont incomplètes. Contrairement aux Etats-Unis ou en Suisse, la certification en gestion de projet n’est pas obligatoire en France. La relation client-fournisseur peut alors être déceptive car nous ne sommes pas habitués à gérer les projets.

Le syndrome du prince charmant 

Dans le digital learning, l’effet paillette se dégrade lorsque le commanditaire se retrouve face au dispositif en lui-même qu’il a précédemment imaginé et idéalisé. Le concept du carré de la qualité nous indique qu’il est normal d’avoir des écarts entre le produit attendu et le produit final. Cependant, nous ne sommes pas encore habitués en France à cette ingénierie des exigences.

La gestion d’un projet de digital learning 

Il y a un piège à vouloir maîtriser toutes les compétences relatives à la gestion de projet dans le digital learning qui comprend : des techniques scénaristiques, médiatiques, narratives, graphiques, techno-pédagogiques, d’amélioration continue et psychologiques. Au centre, la technique de gestion de projet, qui consiste à rester dans la coordination de toutes ces compétences plutôt que d’essayer d’en maîtriser toutes les facettes.

L’artisanat dans la construction d’un projet de formation e-Learning se compose de différents corps de métier :

  • Un chef de projet
  • Des ingénieurs pédagogiques
  • Des rédacteurs
  • Du personnel de contrôle qualité
  • Des infographistes
  • Des développeurs

Néanmoins, ces corps de métiers sont efficaces et n’ont du sens que s’ils sont coordonnés. La gestion de projet est donc indispensable.

Découvrez notre podcast Never Stop Learning 

Cet article est construit à partir de l’échange entre l’auteur Tarik Cherkaoui et Gérard Peccoux, président de Callimedia, durant l’épisode 4 de notre podcast Never Stop Learning. Vous voulez en apprendre plus sur le digital learning, découvrez les différents épisodes disponibles sur notre podcast.  Découvrez également le livre de Tarik Cherkaoui « Réussir avec le digital Learning »

 

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